Iris M.

Iris M.

Du plus loin qu’elle puisse se souvenir, Iris a toujours aimé faire des bruits d’hélicoptère qui décolle avec sa bouche. Et écrire. Ça aussi, elle a toujours aimé. Ses premiers faits de plume remontent à ses sept ans. Elle inventait alors des histoires de petites filles soumises à des expériences scientifiques louches. Vers dix ans, elle découvre Stephen King, et ses personnages commencent à trépasser inopinément dans des geysers de sauce tomate. Coïncidence étrange, c’est à cette époque que les professeurs convoquent régulièrement ses parents « pour discuter de l’avenir de [leur] enfant ».

Fort heureusement, à mesure qu’elle mûrit, ses récits s’étoffent et s’affinent, ses phrases s’allongent et ses personnages gagnent en longévité. Aujourd’hui, elle est fière de signer un premier roman où personne ne meurt à la fin.

Née et élevée en France, sans pesticides ni hormones, Iris quitte les verts pâturages de son enfance pour s’installer à Montréal en 2015. Elle vit désormais recluse dans son antre décoré de livres, de poils de chat et de rouleaux de papier toilette vides.

Certains prétendent qu’il serait possible de l’invoquer en versant un paquet de chips au ketchup dans un bol tout en récitant du Baudelaire. Mais ce ne sont là que des superstitions. Le moyen le plus sûr de la croiser demeure de se poster à l’affût devant les cafés où elle aime écrire et dessiner (sauf quand il fait frette et qu’il y a de la câlisse de neige dehors. Auquel cas elle reste chez elle. Elle n’est pas folle non plus. En petite Française frileuse, elle a volontiers embrassé les jurons de sa province d’adoption, mais pas encore sa météo).

Lorsqu’elle n’écrit pas, elle vole de la nourriture dans les assiettes d’inconnus, dessine, secoue la tête comme une folle en écoutant Tool et mange des nouilles alphabet à même la canne. Le bon goût et la finesse ne font malheureusement pas partie de ses centres d’intérêt, mais c’est comme ça qu’on l’aime… n’est-ce pas ?